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4 mai 2013 6 04 /05 /mai /2013 15:05

Cohabitation au sein de la gauche sur la question européenne

 

Dans un document préparatoire en vue d’une convention sur l’Europe, le PS s’est adonné à un véritable « Merkel bashing » inexplicable et déplacé envers notre partenaire allemand.

 

Désorganisé et complètement dépassé par les évènements depuis un an, la majorité socialiste tente de donner des gages aux plus radicaux à gauche en appelant à « l’affrontement démocratique » avec l’Allemagne.

 

Ce texte illustre l’absence de projet européen de la gauche et révèle un antagonisme profond et ancien au sein du parti socialiste. A ce titre, Bartolone et Montebourg, anciens opposants au projet de constitution européenne, ont été recadrés par Valls, Sapin et Cazeneuve, davantage favorables à une relation sereine avec l’Allemagne.

 

Incapables de trouver les réponses adéquates à la crise, le parti socialiste et l’exécutif expliquent leurs échecs par la politique allemande.

 

François Hollande doit immédiatement mettre un terme à la cohabitation qui règne au sein de la majorité et doit prendre enfin une décision : bâtir une Europe intégrée ou se tourner vers un isolationnisme mortifère.

 

Il serait irresponsable de la part du chef de l’Etat d’attaquer frontalement l’Allemagne pour des raisons de politique politicienne, c’est-à-dire donner des gages à l’extrême gauche, oubliant ses erreurs innombrables qui nous conduisent dans le mur.

 

Un grave préjudice pour l’Europe

 

Une telle attitude ne peut contribuer qu’à la division de l’Union européenne et à la fragilisation de la France sur le continent.

 

L’amitié franco-allemande est le moteur de l’UE. Sans elle, l’Europe balbutie et reste un projet politique sans avenir.

 

La confrontation avec l’Allemagne ne présage rien de bon. Il est impératif de renouer au plus vite des liens étroits avec Angela Merkel afin de mettre sur les rails un projet politique européen digne de ce nom.

 

La majorité prend le risque d’ouvrir une crise politique en Europe alors même que nous avons besoin d’une Europe politique plus forte pour sortir de la crise.

 

Si Berlin apparaît de manière erronée comme l’unique concepteur d’une politique de rigueur, c’est parce qu’elle comble un manque de gouvernance de l’Union.

Ce n’est pas du fait de l’Allemagne si la France perd son aura sur la scène européenne mais de l’incapacité du Président de la République à défendre nos intérêts.

Face à ses échecs, la gauche cherche un bouc émissaire

 

Alors que la majorité présidentielle détient aujourd’hui tous les pouvoirs et qu’elle est en passe d’échouer sur toute la ligne, la mise au pilori de notre principal partenaire, l’Allemagne, constitue une tentative désespérée de la majorité présidentielle pour justifier son inefficacité.

 

François Hollande est confronté à un double échec : échec de sa politique intérieure, avec la hausse massive du chômage, et échec sur le plan européen puisque le traité européen n’a pas été modifié.

 

Prendre l’Allemagne comme bouc émissaire est totalement injustifié et d’une mauvaise foi sans nom. Alors que la France est le premier pays bénéficiaire des politiques européennes (13,1 milliards d’euros par an), l’Allemagne est quant à elle le premier contributeur du budget européen (21,1 milliards d’euros).

 

Il est donc déplacé de considérer que l’Allemagne est un pays qui ne défend que ses intérêts et qui ne participe pas à la solidarité européenne.

 

Ce que prône Angela Merkel est la gestion rigoureuse des finances publiques et non une politique de rigueur dont le but est d’appauvrir les peuples européens.

C’est au prix de réformes profondes que la France pourra à nouveau être un interlocuteur crédible en Europe.

 

Si François Hollande n’est pas capable de mener une politique sérieuse et cohérente en matière économique, cela relève de sa propre responsabilité et non de la chancelière allemande.

 

Pour une Europe intégrée

 

La solution à la crise actuelle est limpide. Il faut désormais mettre en place une convergence des politiques nationales, notamment économiques et financières. Cela passe en particulier par une harmonisation fiscale et des politiques sociales communes.

 

Le fédéralisme est la clé de la réussite européenne, c’est-à-dire l’instauration d’une gouvernance politique basée à Bruxelles qui fixera les grandes orientations à suivre.

 

Enfin, il faut que François Hollande et son gouvernement changent radicalement de politique afin que la France redresse la situation. De grandes réformes structurelles doivent être mises sur pied en lieu et place d’une « boîte à outils » bien dérisoire face à la crise.

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Published by Moïse MOREIRA
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