Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
4 avril 2013 4 04 /04 /avril /2013 13:17

François Hollande est intervenu le 28 mars 2013 sur France 2 pour faire le point sur la politique menée par le gouvernement depuis 10 mois et définir le cap à suivre pour la suite du quinquennat.

 

Cette intervention était attendue par les Français et les Françaises qui souffrent de la crise et qui sont inquiets pour leur avenir.

 

Le Président de la République est pourtant resté flou sur son cap, obscur sur ses intentions et sourd aux critiques et aux propositions de l’opposition.

 

Un exercice de justification malvenu

 

François Hollande s’est employé à minimiser l’ampleur de la crise que nous traversons tout au long de la campagne présidentielle et a multiplié les annonces et les promesses démagogiques.

 

Il s’est ainsi engagé à renégocier le traité européen, à inverser la courbe du chômage, réduire le déficit public à 3% du PIB et parvenir à une croissance de 1,7% en 2013.

 

François Hollande a d’ores et déjà échoué à honorer trois de ces engagements et sait qu’il sera impossible d’inverser la courbe du chômage en 2013.

 

La raison de cet échec est claire et sonne comme un aveu : « Quand je me suis présenté, je connaissais la situation. Mais ce que nous n’avions pas anticipé c’est que cette crise allait encore durer, plus longtemps que prévu » explique-t-il. François Hollande convient lui-même qu’il n’avait pas pris la mesure de la violence de la crise qui frappe notre pays.

 

Il a par conséquent tenté de justifier sa politique mais la réalité est implacable :

 

1. La France compte chaque jour 1000 chômeurs de plus et le nombre total de chômeurs atteint 3,2 millions. Le taux de chômage devrait continuer de progresser et atteindre 11% en 2014 selon les prévisions de la commission européenne.

 

2. L’échec est tout aussi cinglant concernant le retour de la croissance.

 

François Hollande a fondé son projet présidentiel électoral sur des perspectives totalement déconnectées de la réalité économique : 1,7% dès 2013 et 2,5% en 2015 !

 

Il n’était pas possible de renouer avec la croissance en faisant supporter une pression fiscale de près de 30 milliards d’euros aux entreprises aux ménages. La croissance devrait finalement atteindre 0,1% en 2012 et cette tendance devrait s’aggraver en 2013 puisque la Commission européenne estime qu’elle sera de 0% !

 

3. François Hollande s’était engagé à ramener le déficit public à 3% du PIB dès la fin de cette année. Il est en réalité de 4,8% du PIB pour 2012 et devrait être de 3,7% du PIB à la fin de l’année.

 

4. Enfin, François Hollande avait promis de renégocier le TSCG et de faire adopter un pacte de croissance. Il n’en a rien été. Ce traité n’a pas été modifié d’une virgule.

 

Une « boîte à outils » dérisoire au regard des enjeux

 

Alors la politique menée par le gouvernement ne produit aucun effet, François Hollande persiste et signe. Il estime en effet que les mesures prises [CICE – Contrats d’avenir – Contrats de génération – Accord sur la sécurisation de l’emploi] constituent une « boîte à outils » qui permettra de répondre à la crise profonde que le pays traverse.

 

Il s’agit d’une posture absolument dramatique : comment le Président de la République peut-il considérer qu’il a déjà tout mis en œuvre pour lutter contre le chômage et qu’il suffirait d’attendre pour que sa politique produise les effets escomptés ? Il y a au contraire urgence à lancer un plan massif de lutte contre le chômage.

 

En outre, les outils prévus sont insuffisants pour renverser la vapeur.

 

Le Crédit d’Impôt pour la Compétitivité et l’Emploi ne représente que 20 milliard d’euros destinés à renforcer la compétitivité alors qu’en seulement 10 mois, le gouvernement a alourdi la fiscalité pesant sur les entreprises de 14 milliards d’euros et les a privé d’un allégement de charges de 13 milliards d’euros en supprimant la TVA sociale instaurée par le précédent gouvernement. Un choc fiscal de de 135 milliards d’euros sur cinq ans !

 

Quant aux contrats de génération et aux emplois d’avenir, ces dispositifs s’apparentent à des emplois subventionnés et sont notoirement insuffisants pour apporter une réponse forte face au chômage.

 

Enfin, le projet de loi relatif à la sécurisation de l’emploi, qui traduit l’Accord National Interprofessionnel du 11 janvier 2013, comprend des avancées mais manque de réponses fortes et ambitieuses afin de modifier en profondeur le marché du travail et inverser la courbe du chômage.

 

L’absence de cap

 

Pire, l’intervention du Président de la République démontre qu’il ne semble toujours pas avoir pris conscience de la gravité de la crise.

 

Ses différentes annonces en attestent :

 

1. Réduction des dépenses publiques : François Hollande a entretenu le flou sur la nécessaire réduction des dépenses publiques et ajourné les décisions nécessaires et courageuses. Il s’agit pourtant de la priorité pour ne pas accabler davantage entreprises et ménages. Le choc de simplification annoncée par le Président de la république n’est pas à la hauteur de la situation.

 

2. Pouvoir d’achat : François Hollande a annoncé que les salariés pourraient débloquer leur épargne salariale dans la limite de 20 000 euros. Quelle hypocrisie alors que le gouvernement a fait adopté en juillet dernier le relèvement du forfait social de 8 à 20% ! François Hollande s’est par ailleurs engagé à ce que les impôts ne soient pas augmentés en 2014. Il n’a en revanche pas mentionné les prélèvements sociaux : « Pour financer la sécurité sociale, nous en reparlerons… »

 

3. Réforme des retraites : François Hollande a annoncé que la durée de cotisation allait être augmentée et Jean-Marc Ayrault a indiqué que le gouvernement ne toucherait pas à l’âge légal de départ à la retraite. Le gouvernement invente donc le droit à la petite retraite : Les Français et les Françaises pourront continuer de partir au même âge mais le nombre de trimestres nécessaires pour pouvoir partir avec une retraite à taux plein serait augmenté !

 

4. Allocations familiales : François Hollande a annoncé vouloir soumettre les allocations familiales à des conditions de ressources. Cette proposition relève d’une confusion grave sur les objectifs poursuivis par la politique familiale.

 

5. Taxe à 75% : François Hollande aurait dû faire preuve de sérieux et mettre un terme au feuilleton auquel on assiste depuis son annonce improvisée il y a maintenant plusieurs mois. Cette mesure concerne désormais les entreprises et constitue un signal désastreux en termes d’attractivité.

 

Une opposition méprisée

 

L’Union des Démocrates et Indépendants et le Nouveau Centre ne cessent d’alerter le Président de la République et le gouvernement sur les conséquences désastreuses de leur politique.

 

Il est impératif et urgent que le gouvernement revienne sur quatre erreurs graves et décide que les avantages liés aux heures supplémentaires soient rétablis, que le taux de TVA dans le secteur du bâtiment soit réduit à 5%, que la déclaration au forfait pour les emplois à domicile et les aides fiscales soient rétablies pour les services à la personne et que les impôts n’augmentent plus jusqu’en 2017.

 

Pour le Nouveau Centre, il est urgent que le gouvernement prenne conscience de la situation et lance un grand plan de redressement de notre économie avec un choc de compétitivité de 35 milliards d’euros financé par une TVA sociale, une réforme des retraites ambitieuse, un plan massif de réduction des dépenses publiques et une vaste réforme du marché du travail.

 

Partager cet article

Repost 0
Published by Moïse MOREIRA
commenter cet article

commentaires