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4 mai 2013 6 04 /05 /mai /2013 14:54

Le déblocage de l’épargne salariale est actuellement discuté à l’Assemblée nationale suite à l’intervention télévisée de François Hollande en mars dernier.

 

La mesure de la majorité socialiste

 

L’objectif du gouvernement est de relancer la consommation. Or, cette mesure n’est rien de moins qu’un aveu de faiblesse et un nouveau rétropédalage du gouvernement.

 

En effet, depuis le mois de mai 2012, le gouvernement a profondément dégradé le pouvoir d’achat des Français en leur retirant 13 milliards d’euros pour la seule année 2013 via des mesures iniques :

- suppression de la défiscalisation des heures supplémentaires

- gel du barème de l’impôt sur le revenu

- augmentation de la CSG puis de la TVA en 2014

- augmentation de la redevance audiovisuelle

- suppression du forfait applicable au versement des cotisations sociales pour les salariés intervenant au domicile des particuliers

 

  A l’origine, le projet du Président de la République ne portait que sur la participation salariale. Désormais, le dispositif prévu par la proposition de loi des députés socialistes est élargi à l’intéressement.  

 

Ainsi, les salariés pourront débloquer jusqu’à 20.000 euros durant 6 mois pour n’importe quel achat. Ces sommes, qui devront avoir été placées avant le 1er janvier 2013, seront exonérées d’impôt.

 

Néanmoins, les avoirs bloqués dans un Plan d’épargne pour la retraite collectif (Perco) et dans les fonds solidaires ne sont pas concernés.

 

Une mesure non négligeable mais de court terme

 

Cette mesure permettrait à près de 9 millions de salariés de bénéficier d’un coup de pouce en matière de pouvoir d’achat.

 

Toutefois, cette mesure apparait comme une « fausse bonne idée ». En effet, la majorité socialiste choisit d’encourager la consommation à court terme au détriment d’une épargne qui pourrait être utile à l’économie réelle et aux projets de long terme.

 

En outre, rien ne garantit que l’argent débloqué par les salariés serve effectivement à la consommation et non à une autre forme d’épargne ou au remboursement d’emprunt.

 

Ainsi, en 2004, 2005 et 2010, lorsque l’exécutif a autorisé le déblocage de 60 milliards d’euros en stock, seulement 3,9 milliards d’euros ont été retirés, dont un tiers effectivement dépensés.

L’efficacité d’une telle mesure sur le soutien à la consommation reste donc à prouver.

 

Enfin, cette mesure risque d’affaiblir les entreprises solidaires. En effet, 60% de cette épargne longue est investie en actions, notamment dans ces entreprises. Alors que la crise engendre une recrudescence du mal logement et du chômage, fragiliser les entreprises solidaires via ce déblocage d’épargne pourrait porter atteinte à un secteur d’activité qui a actuellement besoin de soutien.

 

Une nouvelle preuve d’incohérence et d’absence de vision du pouvoir socialiste

 

Lors de l’examen du projet de loi de finances rectificative pour 2012, le gouvernement a augmenté le forfait social de 8% à 20%. Or, une telle hausse n’a eu pour effet que de décourager les entreprises à mettre en place des dispositifs d’intéressement et de participation.

 

Il est donc extrêmement surprenant de voir la majorité socialiste proposer cette loi seulement 9 mois après des mesures qui ont découragé l’intéressement et la participation salariale.

 

Il est également surprenant de voir la majorité socialiste recourir à une mesure qu’elle avait condamnée sous la législature précédente en 2008...

 

En outre, le Nouveau Centre regrette que la majorité socialiste se limite à une telle mesure pour améliorer le pouvoir d’achat des Français alors que depuis près d’un an, la politique du gouvernement s’évertue à détruire ce pouvoir d’achat.

 

En effet, le matraquage fiscal auquel s’adonne le gouvernement socialiste depuis des mois ne fait que dégrader progressivement le pouvoir d’achat des ménages. Encore une fois, la majorité socialiste fait preuve d’incohérence et d’impréparation.

 

Pour le Nouveau Centre, c’est une véritable politique de soutien durable au pouvoir d’achat qu’il faut mettre en place et non de simples « rustines », comme s’évertue à le faire le gouvernement depuis un an.

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Published by Moïse MOREIRA
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